Le mardi 15 mars, on est réveillés assez tôt, camping oblige. Dennis va se promener pour essayer de voir des oiseaux. On en entend plein qui chantent. Moi, je reste dans la tente pour lire un peu. Puis je m'habille, je recouds mon pantalon mordu la veille par la chienne du propriétaire (et perdu depuis, le pantalon, pas la chienne), je me vernis les ongles des pieds en prévision de la plage le week-end suivant (enfin c'est ce que je crois à ce moment-là...). Dennis revient de sa promenade. Il n'a pas vu grand-chose : les oiseaux se cachent pour chanter, à Mindo !
Je vais au village toute seule pour petit-déjeuner, pendant que Dennis se prépare : il a petit-déjeuné en revenant de sa promenade.
Il me rejoint au village et on va voir des papillons, des colibris et des orchidées. Il y en a plein dans la région, mais c'est difficile de les voir seuls, donc plusieurs habitants du village ont aménagé leur jardin et font payer l'entrée. Ca vaut le coup, surtout pour les papillons et les colibris. Par contre, ce n'est visiblement pas encore la saison des orchidées car il y en a très peu. On en avait pourtant vu de belles à Medellín.
On repasse ensuite au camping chercher nos affaires et on fait du stop pour monter à la route principale. On a de la chance, on n'attend pas trop longtemps. Ca monte, donc on n'a pas trop envie de marcher, comme la veille.
A la route, on essaie aussi le stop, mais ca ne marche pas, donc quand un bus arrive, on monte dedans. Quand on arrive à la gare routière du nord à Quito, le chauffeur nous dit qu'il va jusqu'à la gare routière du sud. C'est donc le moment de se séparer avec Dennis : je continue vers le sud et lui reste ce soir-là à Quito.
Me voilà donc de nouveau seule pour quelques jours seulement : on doit se retrouver avant le week-end pour aller à la plage (enfin c'est ce qu'on croit naïvement à ce moment-là...)
Après une grosse heure de route, me voilà à la gare du sud, Quitumbe, toute moderne. Je retire de l'argent et je vais acheter mon billet pour Latacunga. J'ai même le temps d'acheter des gâteaux salés et de l'eau : le petit-déj est loin, j'ai faim !
Après 2 heures de route, je suis à Latacunga. Au départ, je pensais y passer la nuit, mais comme il est encore tôt, je décide finalement de commencer ce jour-là le circuit de Quilotoa. Je cherche donc un bus pour aller à Zumbahua. Au guichet, on me dit de monter directement dans le bus. Il n'y a plus de place assise, le voyage va être long, debout...
Mais fnalement, on me laisse m'asseoir sur une sorte de pouf, dans le sens contraire de la marche, juste dans le dos du chauffeur. Ce n'est pas très confortable, surtout dans les virages, et il y en a beaucoup, mais c'est mieux que debout !
Au bout d'un moment, je demande à ma voisine de pouf, une indigène habillée de facon traditionnelle, si on est bientôt arrivés. Et on commence à discuter. Avec son fort accent, je ne comprends malheureusement pas tout ce qu'elle me dit, c'est dommage. Mais la conversation est très intéressante quand même.
La première question qu'elle me pose sur la France, c'est ce qu'on y cultive ! Elle me demande aussi ce que ca fait de prendre l'avion, si ce qu'on voit est joli. La seule personne qu'elle connaît qui a déjà pris l'avion est son frère, parti vivre en Espagne, et j'imagine qu'ils ne discutent pas tous les jours surSkype pour parler de leurs impressions sur l'avion... Elle doit avoir une trentaine d'années, on est de deux mondes complètement différents.
Quand je sors le guide, elle est émerveillée. Je le lui prête et elle se met à le lire à haute voix. Elle lit comme une enfant de 7 ou 8 ans, sa langue maternelle est certainement une langue indienne, l'espagnol doit être une langue étrangère pour elle (qu'elle parle parfaitement, mais qu'elle ne doit pas souvent avoir l'occasion de lire, j'imagine qu'elle est agricultrice dans son village, vu les questions qu'elle m'a posées sur la France).
Quand je descends, elle me sert fort la main, elle ne doit pas souvent voir des étrangers. En tout cas, elle ne doit pas souvent parler à des étrangers, car j'ai rencontrés beaucoup d'Américains qui ne parlent pas espagnol. D'ailleurs, elle me le confirme.
Zumbahua est un village indigène. Il y a quelques hôtels, mais c'est très tranquille. Je n'y aurai rencontré aucun étranger. Je m'installe à l'Oro verde, tenu par une indigène, comme tous les habitants du village. Je vais me promener un peu dans le village. La vue est belle sur les montagnes. Dans la rue, il n'y a pas grand-monde. Les femmes sont habillées de facon traditionnelle, les hommes moins. La femme qui tient le locutorio duquel j'appelle Yomara a même son bébé accroché dans le dos.
Pas d'Internet dans le village, c'est rare !
Mon hôtel fait aussi resto. Je décide donc d'y dîner. Il y a du cuy au menu, mais on ne m'en propose pas : ca ne doit pas être le jour, dommage ! Mais j'ai quand même eu droit à la soupe aux pattes de poule, ca fait bizarre ! Et un plat plus traditionnel : cuisse de poulet, riz, lentilles et banane grillée.
Avant que je monte, la patronne me dit que je dois la prévenir quand je veux me doucher car elle doit allumer la pompe 5 minutes avant. Je lui dis que j'aimerais me doucher tout de suite. Mais quand j'arrive dans la salle de bains, non seulement il n'y a pas d'eau chaude, mais il n'y a pas d'eau du tout ! Je redescends donc et j'en profite pour demander du papier toilette, qu'elle va chercher dans la petite épicerie adjacente au resto. Et elle me donne aussi une savonnette, qu'elle a du mal à trouver dans son épicerie.
Je peux donc enfin me doucher (à l'eau chaude, et tant mieux car il ne fait pas très chaud, on est en haute montagne), avant de lire un peu et d'aller dormir pas trop tard, pour être en forme pour la suite du circuit de Quilotoa le lendemain.
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