Le mercredi 6 avril, on se réveille à 5 h 15, après une excellente nuit, bien meilleure que les 2 ou 3 dernières dans des hôtels bruyants.
Le fils du voisin nous emmène à l'entrée du sentier de Revash en moto-taxi. Commence alors une longue et belle montée. On se perd un peu, mais on s'en rend vite compte, car on voit de temps en temps le site, plus haut. Au bout d'une heure et demie, on arrive au pied de la falaise au milieu de laquelle les Chachapoyas on construit des maisons. Personne ne devait venir les embêter !
La descente est un peu plus rapide, mais c'est raide et dur pour les genoux. Quand on arrive à la route, on se repose un peu, et par chance, un taxi passe. Sinon, c'était 9 km à pied !
Quand on arrive à Puente, on va voir notre amie Juana. Elle veut voir nos photos et les commente. Puis elle nous fait nous asseoir chez elle et s'absente quelques minutes. Elle revient avec deux tasses pleines d'un breuvage pas très appétissant. Dennis me dit que ça doit être de l'avoine. Je goûte, et il y a du lait : mince, comment je vais refuser de le boire ? Juana est ressortie et on cherche un endroit où le jeter, mais elle revient avec deux pains.
Il ne me reste plus qu'à lui mentir : je suis allergique au lait. Elle me dit que celui-ci ne me fera rien, car il est tout frais tiré de la vache ! Mais pour moi, c'est encore pire... Alors Dennis lui dit que ça me donne la diarrhée. Elle répond : "Tant mieux, ça nettoie" !!!! Je ne sais plus quoi dire pour ne pas avoir à boire son lait. Je ne veux pas qu'elle se vexe, mais je ne peux pas avaler ça ! La petite gorgée que j'ai bue avant de me rendre compte que c'était du lait m'a donné un haut-le-coeur... Donc on insiste un peu : ça va me rendre malade, pour voyager, ce n'est pas pratique. Et là, elle compatit (enfin !) : elle comprend que ça ne va pas être drôle pour Dennis de voyager avec moi si je suis malade.
Ouf, elle accepte que je ne boive pas ! Mais pauvre Dennis : elle décide que c'est lui qui le boira ! Je crois qu'il n'a pas adoré non plus, même s'il a bu sa tasse courageusement. Mais comme il est poli, il boit quand même la moitié de ma tasse. C'est Juana qui boira le reste.
On lui demande ensuite si on peut se laver dans la rivière : elle nous dit que oui, bien sûr, même que si elle a toujours le sourire à son âge, c'est parce qu'elle s'est toujours lavée à l'eau froide. Pas besoin d'eau chaude ! Je suis moyennement d'accord, mais on a besoin et envie d'une bonne douche car on a bien transpiré, ces deux derniers jours.
Quand on lui dit qu'on a acheté une bouteille d'eau, elle est outrée : comment quelqu'un peut-il vendre de l'eau, alors que c'est un cadeau de Dieu ? Elle n'a pas tort... Ici, l'eau est pure, directement tirée du ruisseau. Pour elle, vendre de l'eau en bouteille, c'est impensable et inadmissible. Du coup, on remplit nos bouteilles à son robinet.
Puis on va chez le voisin où sont nos affaires. Quand Dennis demande à la femme où il peut se laver dans la rivière (je n'ai pas encore décidé si j'allais avoir le courage de le faire, car il ne fait pas très chaud, et l'eau a l'air glaciale), elle nous propose sa douche : c'est plus pratique et plus tentant, donc on accepte. Il n'y a pas d'eau chaude, mais c'est quand même plus pratique que la rivière.
D'ailleurs, un peu plus tard, quand on passe sur le pont, on se rend compte que le courant est trop fort, ça aurait été risqué !
Sur la route principale, on attend un bon moment que quelqu'un veuille bien nous prendre. Puis une moto-taxi arrive et nous emmène au musée de Leymebamba : plein d'infos, de photos et d'objets de plusieurs peuples pré-incas, dont les Chachapoyas. Il y a aussi des momies, retrouvées il y a une dizaine d'années dans un lac de la région et très bien conservées.
Après le musée, on redescend en taxi jusqu'au village et on s'installe dans un hôtel. On voulait camper, mais il pleut beaucoup, on préfère être au sec.
On va déjeuner, puis on rentre faire une sieste. Dennis dans la chambre, moi dans un hamac, dans le patio.
Puis on ressort dîner. Ca sera léger : un morceau de gâteau pour Dennis qui est un peu malade et 3 empanadas pas très bonnes pour moi, avec deux tisanes à la camomille. Puis retour à l'hôtel, pour écrire, lire et dormir.
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